Pourquoi faut-il parler des toilettes le 19 novembre ?

En 2016, plutôt 4,5 milliards de personnes ne disposaient pas de services d’assainissement gérés en toute sécurité (OMS/UNICEF 2017). Près d’un milliard d’entre elles sont contraintes de déféquer en plein air. Privées de dignité, elles sont quotidiennement exposées à la honte et à l’insécurité. Les femmes sont particulièrement exposées aux risques d’agression.  Cette défaillance a de lourdes conséquences sanitaires : 1,8 milliard de personnes consomment une eau contaminée par des excréments. Les maladies dites « hydriques », telles que la diarrhée, engendrent le décès d’environ 1 000 enfants de moins de 5 ans chaque jour. Elles contribuent également à la sous-nutrition, à l’absentéisme scolaire, et représentent des pertes économiques considérables Outre les toilettes, l’assainissement signifie également évacuation et traitement des eaux usées. Un enjeu majeur quand on sait que 80% des eaux usées à l’échelle mondiale sont rejetées dans l’environnement sans traitement approprié (UN-Water, 2017).

Taboue et intime, la question des toilettes est peu abordée par les Etats, les médias et l’opinion publique. Pourtant, l’accès universel à l’assainissement est un droit humain reconnu par les Nations Unies depuis 2010, que les Etats se sont engagés à assurer dans le cadre des Objectifs de Développement Durable. La Journée Mondiale des Toilettes a pour objectif de briser ce tabou et de sensibiliser le grand public et les acteurs concernés afin de prendre des mesures concrètes pour garantir un accès pour tous à l’assainissement d’ici à 2030.

En France aussi, la problématique de l’accès à l’assainissement est d’actualité. Plusieurs milliers de personnes sont privées d’un accès direct et matériel à l’assainissement, que ce soit en métropole (personnes en habitats précaires, personnes sans domicile fixe, migrants) ou dans les DOM-TOM.   En métropole, 206 000 foyers se trouvent sans eau et assainissement (INSEE). A Mayotte, 47% des habitants n’ont pas de toilettes chez eux (INSEE).

Retrouvez les témoignages vidéos d’acteurs locaux et représentants politiques engagés pour l’accès à l’assainissement au Tchad :

  • Togina, Adjoint Plaidoyer ASRADD (partenaire local ACF) pour le projet NUTRIS à Mao au Tchad ici , ici , ici  et ici
  • le Responsable Commission eau assainissement, hygiène de la Mairie de Mao ici et ici
  • le Secrétaire Général du Ministère de l’Eau, Assainissement et Hygiène ici